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POTY 2013

Publié par Jacquou le samedi 26 avril 2014
Nota : Que Jacquou veuille bien m'excuser, cela doit faire un mois qu'il m'a fourni son texte et ... (HdG)

Je viens de prendre connaissance des résultats du concours annuel de Wikimedia Commons. Le lauréat de cette année a gagné par persévérance, déjà classé troisième en 2012, il décroche la première place cette année. Disons le tout de suite, Stephan Krauze (sous le pseudo de Ritchyblack) n'est pas un photographe, c'est un technicien de talent qui excelle dans l'utilisation de l'appareil photographique. Toutes les photographies que je connaisse de Stephan Krauze sont toujours techniquement parfaites mais artistiquement de peu d’intérêt. La mise au point est trop souvent du style hyperfocale, les couleurs bien travaillées mais les compositions sont quasiment toujours quelconques. Il sait toujours trouver la bonne exposition mais les combinaisons vitesse/diaphragme/sensibilité sont très approximatives par rapport au sujet. Vous avez compris je ne suis pas fan. Je lui donnerai juste un conseil pour améliorer sa technique. Stephan Krauze propose sur son site internet un portefolio de photographies d'aviation avec, entre autres, des photographies d’hélicoptères ou d'avions à hélice. Tous les photographes de cette spécialité connaissent les vitesses à utiliser pour que les pales des hélices forment un cercle complet. Deux paramètres sont à prendre en compte, le nombre de pales, deux, trois ou quatre, et la vitesse circulaires de celles-ci.

La photographie lauréate prise au Nikon D700 équipé du très bon zoom AF-S NIKKOR 70-200mm f/2.8 ED VR II série G à la focale de 190 mm avec une combinaison d'exposition au 1/40 à f/9 et un ISO de 200. Pour une photographie prise en studio où, par définition, on maîtrise l'éclairage, pourquoi ISO 200 ? Pour exposer au 1/40, la bonne vitesse pour avoir une volute de fumée suffisamment bien développée mais aussi nette. Pourquoi fermer à f/9, alors que ce n'est pas le meilleur diaphragme à la focale de 190 mm ? Parce que l'éclairage n'est pas suffisamment travaillé. Mais ce qui me gène le plus est l'éclairage du fond, d'ailleurs retravaillé en post production pour obtenir quel effet ? Si c'était un effet de vignetage c'est totalement raté. D'autant plus qu'au final la photographie a subi un sévère recadrage, 1882 × 2827 pixels pour 4256 x 2832 photosites.

Inflammation du filament tungstène d'une ampoule,
par Ritchyblack, licence Creative Commons et FAL

Pour conclure, peut mieux faire, je n'aurai jamais classé cette photographie à la première place. De plus je ne comprends pas bien la double licence d'un coté une by-nc-nd, c'est à dire attribution, pas d'utilisation commerciale et pas de transformation ou modification, de l'autre une FAL avec attribution mais qui autorise la commercialisation et les transformations ou modifications. Les restrictions de la licence Commons by-nc-nd sont effacées par les libertés de la licence Free Art.

Mon palmarès est relativement proche de celui du POTY 2013. En première place, je mettrais la photographie arrivée en deuxième place, à la deuxième place une photographie déjà distinguée, celle classée cinquième ex æquo et en troisième place celle classée quatrième.

Voilà une superbe utilisation de la lumière. Pas d'informations EXIF qui permettrait de ce faire une idée plus précise des conditions de prise de vue, uniquement les information de Photoshop. Dommage ! Dommage aussi d'avoir présenté une photographie dont la définition est très exagérément diminuée, mais c'est une habitude de Balkhovitin, déjà participant à Wiki Loves Monuments 2013. Un tour sur la galerie de ce photographe nous apprend que c'est un bon photographe de paysage où la lumière, toujours bien maîtrisée, à toujours une place importante, même si un gros travail de postproduction améliore bien les choses.

« Sviati Hory », Donetsk en Ukraine, par Balkhovitini, licence Creative Commons.

J'ai déjà tout dit de cette photographie (cf. mes messages des 9 et 18 décembre 2013) je n'ai rien de plus à rajouter, sinon que je la trouve toujours aussi bonne.

Viaduc de Wiesen, par Kabelleger, Licence Creative Commons

Si une hirondelle ne fait pas le printemps, elle ne fait pas non plus une bonne photographie, même si elle se prend pour un Canadair. Techniquement cette photographie d'hirondelle est particulièrement difficile à faire, ici la mise au point est réussie mais l'instant du déclenchement est ratée. Cette hirondelle boit dans une piscine ! Ah bon, heureusement que le titre l'indique parce que ce n'est pas cela que je vois, en fait, je ne vois pas grand chose et cette photographie ne m’intéresse pas, elle est ratée. Je préfère et de loin celle de la chevêche des terriers. Pas de défaut d'exposition, de mise au point, juste un cadrage Kodak plein centre. Prise avec un Canon EOS Digital Rebel XTi, autrement dit un Canon EOS 400D de ce coté-ci de l'Atlantique, équipé d'un gros télézoom puisque la photographie est faite à la focale de 417 mm avec un flash en fill-in au 1/400 à f/7.1 avec un ISO de 320, juste un petit recadrage pour resserrer autour du sujet 2160 × 3060 pixels pour 2592 x 3888 photosites. Ces réglages dénotent une utilisation typique en programme auto. Et pourtant, si Wagner Machado Carlos Lemes se donnait la peine de travailler en semi auto avec priorité au diaphragme, il ferait des photographies parfaites. Il suffit pour s'en convaincre d'aller voir sa galerie sur flickr. Wagner Machado Carlos Lemes est un authentique photographe animalier.

Chevêche des terriers, par Wagner Machado Carlos Lemes,
Licence Creative Commons

Un regard sur les sélections francophones

Publié par Jacquou le lundi 9 décembre 2013

Je dois de dire en entrée, bof ! et rebof !! je n'aime aucune des photographies classées en tête des sélections francophones. Par ordre d'entrer en scène :

Église de Sant Esteve à Andorre la Vieille, par Enfo, licence Creative Commons
Sélection andorrane

Photographie prise au Canon PowerShot G15 équipé d'un zoom 28–140 mm ouvrant à f/1.8-2.8, au 1/1250 à f/2.8 avec un ISO de 160. Un réglage fantaisiste pour un objectif qui n'est pas des plus top, ouvrir à f/2.8 pour shooter au 1/1250 quand il faut diaphragmer pour limiter tous les défauts de l'objectif et principalement les distorsions. Ceci explique cela, la photo est présentée en 1600 x 1200 pixels pour un format original de 4000 x 3000 photosites. Ok la mise au point et l'exposition sont correctes, mais le cadrage ou recadrage est sans intérêt. Qu'est-ce que le jury a bien pu trouver à cette photo pour la classer première ? Mystère et boule de gomme.









Ascenseur n°3 canal du Centre, par Davidh820, licence Creative Commons
Sélection belge et luxembourgeoise

Photographie prise à l'OLYMPUS E-PL1 équipé d'un M.Zuiko 14-42 mm ouvrant à f/3,5-5,6, au 18 mm à 1/40 à f/18 avec un ISO de 200. Photo présentée en plein format 4082 × 3052 pixels sans recadrage. L'exposition est bonne. Le cadrage serait bon si la photo n'était pas surchargée, l'ascenseur est bien placé au 2/3 droit mais la péniche au premier plan emmène le regard vers le bâtiment à gauche de plus la mise au point est faite sur l'avant de la péniche et même à f/18 elle manque de profondeur de champs, le sujet principale, l'ascenseur manque de netteté. Les couleurs ont été retravaillées en post-production pour accentuer les rouges ce qui est d'aucun intérêt pour le sujet principal, faisant d'autant plus ressortir les deux sujets accessoires et principalement les briques du bâtiment qui manque de naturel.






Hoodoos et aurores boréales, à Drumheller en Alberta,
par Keith E. Doucet (user:Kdoucet), licence Creative Commons
Sélection canadienne

Aucune information EXIF pour cette photographie prise très certainement en longue pose avec un traitement post-production pour faire quoi ? Pas grand chose d’intéressant, une tonalité de rendu sans caractère qui ne réussit même pas à mettre en valeur l'aurore boréale, le tout en format vignette 1024 × 768 pixels. Deux photos déposées par l'auteur, deux petits formats, jamais d'EXIF complets. Comment le jury canadien a-t-il fait sa sélection ? En fonction de quels critères ? Il a fallu que j'aille chercher dans les autres photos téléchargées et non retenues par le jury pour trouver des photos beaucoup plus intéressantes même si beaucoup de photos étaient plus illustratives de bâtiments que de photos un peu travaillées à la prise de vue.







Pont Saint-Bénezet, Avignon, par Chiugoran, licence Créative Commons
Sélection française

Photographie faite au Canon Eos 5D Mark II équipé d'un objectif EF 24-105mm f/4L IS USM à la focale de 35 mm, au 1/100 à f/8 avec un ISO de 100. Cette photo est intéressante par sont atmosphère dû à un gros travail de post-production puisque cette photo est normalement surexposée d'au moins 1 ou 1.5 EV, nous sommes au alentour d'un EV de 13 ce qui correspond à un ciel nuageux ce qui n'est pas franchement le cas, nous devrions avoir un EV d'environ 14 1/3 ou 14 1/2 or ce n'est pas le rendu. Le manque de contraste, la montée des bleus dans les ombres peuvent être une indication d'un travail de post-production qui devient évident quand on remarque le rendu des verts. Je suis tombé sur une autre photo du même pont faite par le même appareil photo à défaut d'être par le même photographe déclaré. Cette photo en plan large prise au 1/320 à f/8 avec un ISO de 100, donne un EV de 14 beaucoup plus réaliste. Quoi qu'il en soit ce n'est pas ma préférée de la sélection française.

Ascenseur du Hammetschwand,
par Gindegg, licence Creative Commons
Sélection suisse

Photographie prise au SONY DSLR-A850 (objectif inconnu) à la focale de 12 mm, au 1/60 à f/4.5 avec un ISO de 100. D'office cette photo me gène, la tour d’ascenseur penche du coté où elle va tombée, juste une petite rotation ramènerait l'horizon horizontal et la tour verticale. Mais le pire irrattrapable en post-production est la superposition passerelle-tour qui rend les éléments graphiques beaucoup moins lisibles. En se déplaçant de 2/3 mètres sur la gauche, le photographe réussissait sa photo, dommage ! Pour le reste, l'exposition est bonne, la mise au point aurait gagnée à être faite sur l'hyperfocale pour étendre la netteté jusqu'à l'infini. Le recadrage (5801 × 3867 pixels sur 6048 x 4032 photosites) méritait d'être un peu plus travaillé, ici le photographe a hésité entre un sujet centré ou déporté au tiers, à la fin du compte, c'est ni l'un ni l'autre, en se décalant sur la gauche, il était possible de mettre la tour au tiers gauche et d'avoir un bon graphique avec la passerelle sur toute la droite habillant bien la photo. Si le ciel est bien rendu par contre la couleur du lac ne fait pas très naturel sous cet éclairage.




Voilà, Hamelin, pour tes lecteurs, mon avis sur les sélections francophones, du bon et du moins bon. J'ai regardé aussi dans les sélections si une photographie me plaisait mieux que la classée première. Le choix n'a pas trop été difficile sauf pour la sélection canadienne, rien de très intéressant, j'ai donc été faire un tour parmi les 2543 autres photos téléversées dans le cadre de ce concours.

Voilà ci-dessous ma sélection


Église Sant Cristòfol d'Anyós, par Cdani, licence Creative Commons
Ma sélection andoranne

Photographie prise au SONY DSC-HX200V équipé d'un Vario-Sonnar Zeiss de 2.8-144 mm f/2.8-5.6, à la focale de 4,8 mm au 1/320 à f/2.8 avec un ISO de 100. L'exposition est parfaite, la mise au point aurait pu gagner théoriquement en profondeur de champ en fermant le diaph, il était possible de descendre en vitesse sans problèmes. J'écris théoriquement mais en fait cette photo met malheureusement en valeur les défauts, non pas de l'objectif, mais du traitement des surfaces plus ou moins unies qui sont rendues sans détail, cela est caractéristique pour l'herbe au premier plan et les arbres en arrière plan, il est vraiment dommage que Sony adopte ce traitement d'image soi-disant « super résolution », un argument marketing bidon qui empêche de profiter au mieux des 18 mégapixels redonnés ici en totalité puisque la photo en 4896 × 3672 pixels n'est pas recadrée. Pour le cadrage un peu plus d'air sur la droite aurait été un plus. Une photo classée cinquième et qui est bien meilleure en tout point aux quatre premières.


Ma sélection belge et luxembourgeoise
Citadelle de Namur, par Johan Bakker (user:GVR), licence Creative Commons

J'ai hésité entre la photographie classée deuxième, la citadelle de Namur, et celle classée cinquième, le jardin botanique de Brussel, d'ailleurs toutes deux du même photographe comme d'ailleurs la photo classée quatrième. La photographie que je préfère finalement est celle de la citadelle de Namur prise au Canon EOS 600D équipé du EF-S 18-55mm f/3.5-5.6 IS II, à la focale de 18 mm au 1/1250 à f/4 avec un ISO de 200. Pourquoi 200, pourquoi 1/1250 ? Je suis toujours favorable à un ISO le plus faible possible même si les capteurs ne donnent un bruit significatif que dans les ISO plus élevés. Le 600D a une résolution de 3456 x 2304 photosites et le photo fait 14075 × 5090 pixels donc ... merci PhotoStitch et Photoshop pour ce montage parfaitement réussi. La technicité de l'assemblage qui nécessite des prises de vue parfaites dénote de grandes qualités de photographe. On retrouve aussi la même technique dans la photo du jardin botanique.


The British Columbia Legislature, d'après Fsubra, licence Creative Commons
Ma sélection canadienne

Comment le jury canadien a pu passer à coté de cette photographie, elle méritait d'être distinguée pour au moins deux raisons, la première, une raison technique. Regardez les photos de bâtiments de nuit, tous les photographes cherchent à rendre ceux-ci les plus visibles possible. Ici, l'exact contre-pied, le bâtiment est à peine visible par quelques détails, juste le contour dessiné par les guirlandes d'ampoules électriques. Cela est parfaitement réussi, j'ai essayé de faire monter des détails de ce fond sombre, aucun intérêt, c'est exactement comme cela qu'il fallait traiter cette prise de vue. Une deuxième raison historique. Au XVIIIe siècle, pour la fantasmagorie, une technique de projection de lanterne magique, quand des dessins sur papier translucide étaient projetés, la puissance lumineuse étant faible, les contours du dessin étaient soulignés de trous d'aiguille. Cela donnait le même résultat. PENTAX K-x équipé du smc-DA L 18-55mm F3.5-5.6, à la focale de 18 mm au 1/250 à f/3,5 avec un ISO de 1600. J'ai redressé la perspective.

Adoration des mages, Cathédrale de Strasbourg, par Claude
Truong-Ngoc (user:Ctruongngoc)
, licence Creative Commons
Ma sélection française

J'ai déjà beaucoup parlé, ici sur le blog d'Hamelin, de ce photographe et de cette photographie prise au Canon EOS 7D équipé du EF-S18-135mm f/3.5-5.6 IS à la focale de 79 mm au 1/125 à f/6.3 avec un ISO de 100. Il y a beaucoup de photographies noir et blanc dans le Wiki Loves Monuments 2013, mais il y en a très peu de réussies, et parmi celles réussies, celle-ci est parfaite. Claude Truong-Ngoc serait-il lecteur du blog d'Hamelin ? J'avais fait ici-même une petite critique de cette photo le 26 novembre et le 28, il corrigeait ce défaut en recadrant la photo pour redresser la perspective et surtout pour supprimer les taches de lumière. Dommage qu'il ait voulu garder le même format, obligeant à une interpolation qui ne peut que dégrader la qualité. Enfin bon, là, je pinaille encore, puisqu'on joue sur quelques dizaines de pixels, mais juste un recadrage était suffisant, le redressement de la perspective est peu visible donc peu utile.

Je dois donner ici une précision. Pour moi, une photo noir et blanc se justifie quand la couleur n'apporte rien de plus au sujet photographié. Il ne faut pas faire du noir et blanc, sur n'importe quel sujet uniquement dans le but de faire photographe d'art, n'est pas Henri Cartier-Bresson ou Lucien Clerge qui veut. Les rencontres d'Arles 2013 viennent de faire un point précis sur la question avec Arles in black. Claude Truong-Ngoc a réalisé quelques photos noir et blanc, certains portraits, qui ne dépareraient pas les cimaises des Rencontres.







Viaduc de Wiesen, par Kabelleger, Licence Creative Commons
Ma sélection suisse

Photographie réalisée au Canon EOS 50D équipé du EF-S 17-55mm f/2.8 IS USM, à la focale de 18 mm au 1/800 à f/5 avec un ISO de 100. L'exposition est bonne, ici pas suffisamment de surface de neige pour que celle-ci puisse avoir une influence sur l'exposition. La mise au point était perfectible, trop devant le sujet (le pont et le train, les inscriptions sur ce dernier sont peu lisibles). Le composition horizontale plein centre est rarement une bonne solution, ici cela passe bien, comme quoi, il faut savoir oublier de temps à autre les règles de base. Il ressort de tout cela une sensation de sérénité, d'équilibre du à la composition mais aussi à la tonalité générale, pas d'explosion de couleurs, du blanc, du gris, tous les gris, les gris verts, les gris bleus, les gris orangés, un ciel de bleus fondus et un trait, un train rouge qui barre la composition. Simple mais efficace




Je vous en présente une petite dernière pour la route, c'est mon coup de coeur, et j'aimerais bien la voir distinguer par le jury international. Elle a tout pour elle, bien exposée, bonne mise au point, bon équilibre des couleurs, bon cadrage (oui je sais elle est sévèrement recadrée) et ... de la chance, encore de la chance et toujours de la chance.

Éclairs sur le Potala, par 李国强, licence Creative Commons
Photographie prise au Canon EOS 550D équipé du EF 16-35mm f/2.8L II USM, à la focale de 22 mm au 10 sec à f/6.3 avec un ISO de 200. Combien de photos pour réussir à saisir un éclair en 10 secondes le temps de la prise de vue ? Mystère et boule de gomme ! Le principale est que le résultat soit là avec un éclair juste sur la diagonale. Évidement un champ large, pas le plus large possible pour limiter les aberrations de l'optique, il reste une photo de 2600 × 1733 pixels pour 5184 x 3456 photosites à l'origine, elle peut effectivement être bien cadrée, mais fallait-il penser à se donner suffisamment d'air autour du sujet pour saisir l’insaisissable. Résultat : rien à dire sinon félicitations.

Il nous reste maintenant à attendre les résultats.

Tendances photographiques pour le Wiki Loves Monuments

Publié par Jacquou le mardi 26 novembre 2013

Chose promise, chose due Hamelin, avec même un peu de rab, puisque avant de donner un avis sur les sélections francophones (française, canadienne, belge et luxembourgeoise, suisse, andorrane), je vais donner un avis général sur le cru 2013. Tous les pays n'ont pas encore donné leurs sélections mais une tendance se dessine déjà. À l'origine du projet Wiki Loves Monuments était l'idée de fournir à Wikimedia Commons des illustrations des monuments historiques de tous pays sous licence Creative Commons pour illustrer les encyclopédies Wikipédia. Heureusement pour son succès, malheureusement pour les illustrations, l'idée même du concours a perverti la finalité. Il y a encore, et c'est chouette, beaucoup de vraies illustrations informatives, mais les jurys, par pays participants, qui sélectionnent les photographies, ne prennent pas suffisamment en compte ce critère et trop de photographies sélectionnées pour le round final n'ont rien d'informatives, et encore si l'on reconnait le bâtiment en question ! et trop à voir avec les critères esthétiques d'un traditionnel concours photos. Je ferais, à ce sujet, deux trois remarques :
  • Première remarque - un gros défaut de beaucoup de photos présentées en final de Wiki Loves Monuments, c'est le travail en postproduction sur les couleurs et là c'est une vraie cata. Autant quelques photos sélectionnées présentent un travail réussi sur les couleurs à peine visible (s'il n'est pas visible, c'est qu'il est parfaitement réussi), autant on se demande comment certaines ont pu arriver jusque là. Voilà pour moi deux exemples parmi les pires et en plus, pour faire bonne mesure, classées premières de leurs sélections. Je donne ici deux extraits en taille réelle, 1 pixel pour 1 pixel, pas besoin d'agrandir pour voir les dégâts en effets de bord. Cela est inadmissible à ce niveau, sauf à rechercher un effet raté pour des photos d'illustration :
d'après Jorge Nestor Guinsburg
licence Creative Commons
d'après Faraheed
licence Creative Commons
  • Deuxième remarque - une tendance clairement affichée de la composition géométrique sous deux formes, soit reproduction d'un motif graphique soit composition symétrique souvent en miroir vertical :
    • Il ne suffit pas que motif soit géométrique et ou graphique encore faut-il le cadrer intelligemment pour le mettre en valeur. Dans la sélection française, le parterre du jardin du château de Versailles aurait pu être une réussite si le cadrage voulait dire quelque chose. La photo qui n'est pas loin de la réussite est celle reproduite ci-dessous avec le léger recadrage que je lui est fait subir (la rencontre de la rampe et de la fenêtre juste dans le coin inférieur gauche), ainsi c'est pour moi une des meilleures photos du concours 2013. La profondeur de champs est bonne avec juste le flou qu'il faut justement sur le coin inférieur gauche pour donner de la profondeur. L'exposition nous restitue toutes les nuances de gris du noir profond de la rampe au blanc pur du plafond du dernier étage. Dommage que le vitrail de la fenêtre soit complètement grillé sans possibilité de récupération (j'ai essayé sans succès), cet inconvénient aurait pu être évité avec une deuxième exposition pour le vitrail et un traitement HDR. Dommage mais félicitation à Poulpy.
  • d'après Poulpy licence Creative Commons
    • Deuxième type de composition géométrique, la symétrie en miroir vertical. Beaucoup de tentatives mais peu de réussite. Celle qui m'a le plus bluffé est celle reproduite ci-dessous avec le recadrage qui en aurait fait ma favorite, remettre le sol horizontale, un tassement homothétique en hauteur pour retrouver une coupole plus circulaire et un recadrage pour avoir une symétrie parfaite au format 2:3. L'exposition et la mise au point sont bonnes. De plus réussir une photo parfaitement symétrique avec un objectif de 15 mm de longueur focale en contre-plongée relève de la plus haute difficulté. Pas loin de la perfection, félicitations Reuvenbr.
    d'après Reuvenbr, licence Creative Commons
  • Troisième remarque - peut-être une troisième tendance, les photographies noir et blanc mais là, il ne suffit pas de régler l'appareil photo sur le programme spécialisé noir et blanc ou utiliser un logiciel de postproduction pour obtenir une bonne photo noir et blanc. Il faut une dynamique complète sur toute les nuances de gris et c'est rarement le cas, beaucoup trop de noir gris ou charbonneux sans détail et des hautes lumières brulées ou bouchées, ou des rééquilibrages en postproduction pas toujours évidentes qui laissent là aussi des effet de bord (extrait de photo taille réelle, 1 pixel pour 1 pixel).

    d'après Andrea Parisi, licence Creative Commons
    Une photographie sort du lot, elle est presque parfaite, l'exposition est bonne, la mise au point un chouïa en avant ou plutôt un diaph un peu trop ouvert qui limite la profondeur de champs, la vitesse au 1/60 était peut-être encore praticable. Les noirs sont noirs mais pas bouchés, tous les gris sont présents redonnant le grain de la pierre et des blancs juste blanc pour garder encore des détails. J'ai remarqué une reprise de cette photo pour supprimer une perspective à peine visible, pourquoi pas, mais surtout son intérêt est d'avoir aussi permis un léger recadrage sur la gauche pour supprimer les taches de lumière qui distrayaient l’œil. Une photo parfaite pour qui n'est pas hyper pinailleur avec les photos des autres. J'aime bien le travail de Ctruongngoc, félicitations.
Je dois être un tantinet franchouillard puisque sur trois bons exemples cités pour illustrer les trois tendances, deux sont des photographies de contributeurs français à la Wikipédia francophone sélectionnées en troisième et septième place par le jury de la Wikimedia France.

POTY 2012

Publié par Jacquou le samedi 28 septembre 2013

Je revois ici ou là, la photographie lauréate du concours 2012, une photo de Pierre Dalous (user: Kookaburra 81) prise au Canon eos 7d équipé d'un EF 300mm f/4 L IS USM. Je dois dire que ce n'était pas ma photo favorite, c'est pourtant une photo réussie. J'ai d'ailleurs plutôt apprécié le tirage original au tirage présenté au concours. Aujourd'hui, avec les logiciels de retouche, il est possible de présenter, dans les meilleures conditions possibles, une photo pas très bien exposée, pas très bien cadrée, en fait, seule la mise au point, n'est pas ou très peu modifiable et améliorable :
  • L'exposition : la courbe de niveau a été retravaillé car la prise de vue était surex, ce qui lui a fait perdre beaucoup de contraste. Les couleurs ont également été dé-saturées. Au total beaucoup de dynamique a été perdue.
  • La composition : l'image a subie un recadrage important de 5184 x 3456 photosites à 3 570 × 2 378 pixels. Elle est globalement bien composée et bien équilibrée, l’œil suit bien la branche et le corps des oiseaux emmène bien le regard sur le sujet principale.
  • La mise au point : c'est là que la photo pèche, la mise au point est sur le premier guêpier au lieu d'être sur l’œil du deuxième, les plumes du premier sont parfaitement net et la profondeur de champs réduite, ce qui est normal, rend plus flous les plumes du deuxième. Dommage, voilà pourquoi ce n'était pas ma photo favorite.

Couple de Guêpier par Kookaburra 81, licence Creative Commons

Aujourd'hui, en reprenant cette photo pour mon post, subitement j'ai une interrogation, comment vole l'abeille que va gober le guêpier ? Une abeille vole-t-elle sur le dos ? Est-ce une tentative désespérée d'échapper à la capture ? Je ne suis pas un spécialiste du vol des abeilles, donc je ne sais pas répondre à ces interrogations.

Couple de Guêpier (recadrée) par Kookaburra 81, licence Creative Commons

La photo classée deuxième est une photo spectaculaire mais c'est une photo de professionnels, spécialistes du sujet et disposant d'un matériel très particulier.

Éruption solaire par NASA Goddard Space Flight Center, licence Creative Commons

La photo classée troisième m'avait fortement intéressée jusqu'au moment où j'ai pris connaissance du travail fait, transformation de la douille, avec Adobe Photoshop Lightroom 4.1 qui lui fait perdre beaucoup de son cachet artistique sans rien lui retirer de la prouesse technique.

Explosion d'une ampoule électrique par Stefan Krause, licence Creative Commons

Heureusement pour les lauréats, il fallait mieux que je ne soit pas dans le jury. Alors qu'elle est ma photo favorite ?

Ma photographie préférée, dans toutes celles retenues, est une photo de Marie-Lan Nguyen (user;Jastrow) prise au Nikon D300S (pas d'info sur l'objectif). Toute les difficultés ont été surmontées, photo sportive en action peu ou pas retravaillée, prise en intérieur sans flash, mouvement bien arrêté au bon moment, bon choix de la vitesse qui fige l'action, l'exposition est bonne sans être très bonne. Cette photo aurait méritée un travail sur les contrastes bouchant un peu plus le fond et faisant venir du détails dans les plis des tenues blanches des compétiteurs, les couleurs sont trop chaudes mais le contraste naturelle de la scène ne rend pas cela gênant. Hormis la mise au point, tout se récupère très bien dans un logiciel de retouche avec aussi un léger flou sur le fond pour diminuer la profondeur de champs.
  • Le cadrage : la photo a été assez sérieusement recadrés à 3,132 × 2,081 pixels pour 4288 x 2848 photosites d'origine. Le recadrage est parfait, il y a de l'air à droite qui renforce la poussée en avant de compétiteur suisse et la proximité du compétiteur italien avec le bord gauche renforce aussi le blocage de celui-ci ;
  • La composition : les positions des bras sont équilibrées et les courbes inversées des épées sont particulièrement graphiques ;
  • La mise au point : juste un chouïa devant sur l'épaule au lieu d'être sur le masque ;
  • L'exposition : un poil surex mais très difficile compte-tenu du contraste naturelle de la scène.

Final trophée Monal (retouchée par moi) par Marie-Lan Nguyen, licence Créative Commons

En deuxième position, j'aurais retenu l'ara bleu de Luc Viator, joli travail prise au vol (c'est le moment de le dire) la vitesse est tip top, bonne mise au point sur l’œil de l'ara qui aurait gagné à une profondeur de champ étendu jusqu'au 1er plan des ailes avec des plume plus net et mieux dessinées, par contre le bokeh est agréable, on devine juste ce qu'il faut du feuillage. Léger surex 1/2 à 2/3 de diaph. Le cadrage est trop serré (2936 × 2267 pixels pour 4288 x 2848 photosites), de l'air à droite et en bas alègerait la composition, le corps devrait être au 1/3 haut gauche.

Ara bleu par Luc Viatour, licence Creative Commons

En troisième position, je met le Memorial Church à Stanford de King of Hearts. C'est un très bon travail HDR (ISO 100, 9 poses de 1/8 s à 30 s), dommage que le piqué reste un peu mou, le Canon eos 5d mérite mieux qu'un zoom EF 28-135mm f/3.5-5.6 IS USM (focal 28 mm, ouverture f/8).

Mémorial Church à Stanford par King of Hearts, licence Créative Commons

Le plus grand concours photo au monde !

Publié par Jacquou le dimanche 1 septembre 2013

En 2008/2009, la Wikipédia néerlandaise avait créé un concours le "Windmolen Project" par l'intermédiaire de la Wikimedia Nederland pour photographier tous les moulins à vent de Hollande. En 2010, elle étend le concours à l'ensemble des monuments historiques hollandais le "Rijksmonumenten Project". En 2011, le concours hollandais devient "Wiki Loves Monuments" et regroupe 16 pays, il est déclaré "Largest photography competition" par le "Guinness World Records" avec le dépôt de 168 208 photos. En 2012, le concours avec 353 768 photos devient le " World’s Largest Photography Competition" et la participation de 35 pays. Et en 2013, on remet ça avec 42 pays. En France, il est organisé par la Wikimédia France. Ce concours dure d'aujourd'hui jusqu'au 30 septembre

Ci-dessous les gagnants des trois précédentes éditions du concours

Concours 2012

Mausolée de Safdar Jung à New Delhi, par Pranav7, licence Creative Commons

Concours 2011

Monastère de Chiajna près de Bucarest, par Stratoreaper, licence Creative Commons

Concours 2010

Vijzelstraat 31 à Amsterdam, par Rudolphous, licence Creative Commons

O tempora, O mores*

Publié par Hamelin de Guettelet le lundi 9 avril 2012

Jour après jour, de petit compromis en petit compromis, de relâchement insignifiant en relâchement insignifiant, ce qui était inacceptable hier devient aujourd'hui acceptable. Edward Gibbon parlerait de décadence et annoncerait la fin. L'état méphitique qui règne au sein de la communauté wikipédienne est de plus en plus nocif, tel un cancer pernicieux qui métastase partout, maintenant c'est au tour du Wikiconcours. Bientôt il n'y aura plus un seul endroit de Wikipédia à l'abri de l'ambiance délétère. Bientôt chacun se croira autorisé à dire ou faire ce que bon lui semble avec l'accord implicite et même explicite de spectateurs inertes sous le regard attendri de la communauté.

Langue maltaise

Publié par Hamelin de Guettelet le lundi 14 février 2011

Après la déception, la satisfaction puissance 2.

Ayant abandonné l'idée de participer au jury du dernier Wikiconcours (cf. mon massage du 11 août 2010), j'y ai donc participé comme concurrent avec l'aide de Xavierrom. Les résultats ne sont pas particulièrement brillant, notre article principal sur la langue maltaise termine à la neuvième place sur dix-huit articles sélectionnés après avoir été classé premier par trois membres du jury mais aussi dernier, pénultième et antépénultième par trois autres.

Peu mieux faire.

Rancune tenace

Publié par Hamelin de Guettelet le Mercredi 11 août 2010

Je n'aurai jamais imaginer écrire une suite plus de deux années après mon message du 27 avril 2008. Si j'ai la mémoire courte, ce n'est pas le cas de certains contributeurs et d'un en particulier qui à la vengeance tenace, je veux parler de LTIR, Like tears in rain. Sa discussion de 2008 s'était effectivement terminée par des menaces « je te promets que tu te souviendras de moi », mais j'avoue bien humblement que je ne me souvenais plus de lui.

Lui par contre se souvenait de moi et manifestement il aime les plats non pas froids mais en l'occurrence plutôt glacés, cela doit être normal pour un contributeur spécialisé dans les expéditions polaires !

De quoi s'agit-il ?

Préhistoire de Malte

Publié par Hamelin de Guettelet le lundi 30 juin 2008

Sleeping Lady - Hypogée Hal Saflieni
© Musée d'archéologie de Valetta, Hamelin de Guettelet
Je suis officiellement inscrit à Wikipédia depuis maintenant 1 ans. Je ne bricole plus des petits trucs à droite à gauche, je voudrais faire des contributions sérieuses, consistantes, en fait, je voudrais savoir si je suis de taille à me confronter avec Wikipédia.

Quel meilleur moyen de se jauger que de participer au wikiconcours ?

Alors je me lance à l'eau, je crée l'équipe 40 au wikiconcours du printemps 2008 : sujet Malte, un article sur la préhistoire, les temples maltais, les plus vieilles constructions humaines au monde. J'arrive à convaincre mon wikihobbit préféré, Archibald Tuttle, homme sage et savant, souvent caché au fond de sa grotte, son smial, à fumer l'herbe à pipe, à boire la bière et à déguster de succulents plats de champignons, et Vincent, ou plutôt 120, archéologue-docteur-chercheur du Moustérien à la grotte du Noisetier à Fréchet-Aure, à m'aider dans cette aventure.

Qu'ils soient ici remerciés de leurs précieuses contributions.